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4. L'ère sanvicaise

Sous les auspices de F.F. Langstaff, en 1894, un statut légal est conféré au H.A.C. par arrêté du Préfet de la Seine-Inférieure et sur avis du Maire de Sanvic, Jules Balière, qui a également signé.

C'est en effet sur sa commune que se situe le vaste emplacement loué par le club. Les dirigeants y tracèrent deux terrains, l'un de rugby, dans le sens Est-Ouest, l'autre d'association dans le sens Nord-Sud. Place ayant été faite au tennis sur cette partie Sud, association et rugby se jouèrent sur le même terrain d'Est en Ouest.

Les installations de ce stade étaient alors très sommaires : pour vestiaires, à l'extrémité Sud-Est il y avait une cabane en bois à deux compartiments, l'un destiné aux hacmen, l'autre aux visiteurs ; pas de douches bien sûr, pas même d'eau courante. Les spectateurs disposaient de " tribunes " également en bois côté Est du terrain ; ils pouvaient se contenter, côté Ouest, de ce qu'on appelle sur les hippodromes la " pelouse ", moins chère. Par les mauvais temps d'hiver, les " pelousards " étaient exposés à la pluie et au vent, les pieds dans l'herbe. Plus tard, on leur mettra un petit plancher.

Le marquage du terrain devait souvent être assuré par les membres du club. Les poteaux de rugby succédaient au rectangle de but de l'association ou inversement. Les deux formes de football (ballon ovale/ballon rond) se pratiquaient alternativement chaque dimanche, parfois successivement le même dimanche, mais dans ce cas les prix d'entrée étaient majorés.

L'accès au terrain se faisait du côté Sud par la rue du Cimetière, rebaptisée ultérieurement rue Louis-Leprévost. On traversait la cour d'une ancienne ferme, habitée, avant d'atteindre le terrain lui-même. Une seconde entrée sera aménagée au moyen d'une allée presque en face le porche de l'église. Il y en aura une autre rue du Général-Hoche, côté Est, et qui deviendra la principale.

Le nombre des spectateurs conquis par ce sport, très réduit au début ne cessera d'augmenter. La foule attire la foule. Mais aussi le motif de l'attraction devient de plus en plus puissant. Le H.A.C., tant en rugby qu'en " association ", est au tout premier plan du Football français, les grands matches contre des rivaux réputés se succèdent. La presse en parle, passionne l'événement qui prend l'allure d'un phénomène social. Le sort des couleurs sportives havraises prend aux yeux de la population un intérêt grandissant. Il faut que le H.A.C. gagne : " Allez le H.A.C. ! ".

Mais avant d'en arriver là, citons des notations de matches de la fin du siècle, trouvées dans les archives de la famille Gabain dont plusieurs membres figurent parmi les fondateurs du H.A.C.

En football le 15 décembre 1894, l'adversaire est l'Union Sportive du Lycée du Havre, et le 2 février 1895, le " Blue Star " qui était un autre club havrais plus récemment créé.

Le 14 février 1896, le H.A.C. reçoit le Standard Athletic Club qui avait été champion de France en 1894-1895 et en 1897-1898.

La venue du Standard au Havre avait attiré plus d'un millier de spectateurs. L'équipe havraise l'emporta par 4 buts à 0.

En 1897 nouvelle victoire havraise par 4 à 0 contre White-Rovers de Paris. La même année victoire retentissante contre Dieppe par 19 buts à 0. La " Vigie " de Dieppe indique que l'équipe havraise comptait 7 Anglais sur 11 joueurs et que Dieppe n'avait pas été opposé à une équipe havraise mais à une société anglaise !

A noter que dans ses commentaires, le " Petit-Havre " ne montre aucun enthousiasme pour " un jeu brutal qui vient de rappeler une fois de plus tous ses dangers : charges dans l'estomac, terribles chutes… joueurs aux membres en capilotade ". Amusantes exagérations de profanes.

Le H.A.C., à la fin du siècle, en 1899, dispute pour la première fois le championnat de France de l'U.S.F.S.A. et le premier match l'oppose à l'Iris Club Lillois. Il fut émaillé d'incidents savoureux : prévu à 1 heure 30 précise il dut être retardé, car aucune des deux équipes n'avait pensé à apporter un ballon, le temps d'aller en chercher un fit que la rencontre ne put commencer qu'à 2 heures 30 !

Pour comble d'infortune avait été prévu ensuite un match de hockey, entre le Racing-Club de France et le Hockey Club. Les footballeurs durent céder le terrain à la mi-temps. On ne dit pas si ce fut sous la menace des crosses !

Le 29 avril 1900, le H.A.C. bat le Club Français 3 à 2 après prolongations, et remporte le Challenge international du Nord.

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