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Trois pages sont consacrées à cet événement dans le Bulletin Officiel du Sporting Club Tourquennois d'où nous extrayons les passages suivants : " …Le public était préparé à cette lutte : amené insensiblement à des combats plus beaux, plus savants, plus chaudement disputés, il avait appris à mieux connaître le jeu dans ses finesses et dans sa tactique, à mieux apprécier les joueurs dans leurs qualités diverses… ". La partie elle-même est commentée avec force détails et on lit relativement au début des prolongations : " …Après quelques courts instants de repos, les équipes rentrent sur le terrain. Les Havrais sont ardents, ils ont pour eux la pente et ne tardent pas à en profiter pour assiéger le camp du Club Français. Le ballon va de Lambert à Tetlow, qui le passe à Lelaumier, ce dernier part avec Dubreuil et le troisième but est marqué ".

Après le match, le public se masse devant la tribune officielle afin d'écouter la première exécution de la cantale " Ludus pro patria ", composée pour la circonstance et dirigée par le Président du Sporting Club Tourquennois, M. Henry Masquilier, cantale dont le refrain est : " Honneur à vous intrépides athlètes, Ceints de lauriers, si dignement conquis ! Chantons les héros de nos fêtes, Et gloire à nos vaillants amis ! "

Après le discours du Secrétaire Général de l'U.S.F.S.A. (Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques) le Général Avon, sous la présidence duquel était cette manifestation, prit la parole pour louer " ces jeunes sociétés sportives, de gymnastique, de tir, de course, d'escrime, de natation, de jeux divers, qui se créent de tous côtés et qui vont bientôt couvrir le territoire, pour que nous voyons petit à petit disparaître les coutumes casanières, routinières, ridicules, néfastes même, des jeunes gens d'autrefois qui, dédaignant les exercices physiques dont ils ignoraient les joies saines et viriles, consumaient dans l'oisiveté, ou consacraient à d'interminables séances au café, à l'estaminet, sinon même dans des établissements bien pires, les loisirs que leur laissaient leurs occupations ou leurs études. Ne vous y trompez pas, Messieurs, il y avait là un grave danger pour la race française, son avenir était menacé, car elle courait ainsi à son abâtardissement. Honneur donc à vous jeunes gens… ". Quel style !

Et bien entendu, cela se termina par un banquet et de nombreux toasts…

Passons au rugby. Le 1er mars 1894, le H.A.C. bat le Football Club Dieppois 12 à 0. la " Vigie " de Dieppe écrivit : " …c'est au milieu des hourrahs des spectateurs que les havrais sont rentrés à l'hôtel pour réparer le désordre de leur toilette (sic) et se livrer à quelques ablutions nécessaires ". Notons que lorsqu'à leur tour les Dieppois vinrent au Havre, ils durent prendre le train à 4 heures du matin et n'arrivèrent qu'à 9 heures en notre ville : cinq heures pour faire 100 km !

Le lundi de Pâques de la même année, le H.A.C. est battu 19 à 12 par le Racing Club de France.

A part une rencontre du 9 avril 1895 contre l'Union Athlétique du Lycée Malherbe de Caen, gagnée par le H.A.C. 21 à 5, qui se déroula " dans la prairie de Caen ", puis deux matches contre les Francs Joueurs du Lycée Corneille de Rouen, il faut attendre le 23 avril 1899, où le Racing Club de France battit les Havrais 12 à 6, pour voir la reprise du rugby par le H.A.C., qui en avait à peu près cessé la pratique. Après avoir triomphé le 8 octobre 1899 du Cosmopolitan Club de Paris par 14 à 6, il perdit 11 à 10 contre le Racing Club de France le 13 novembre 1899. Nous trouvons encore deux défaites contre le Stade Français les 10 décembre et 19 février 1900 et cela malgré quelques prouesses de Carré, Lewis, Wood et Meyer. Ce n'est que le 4 mars 1900 que le H.A.C. renoue avec le succès en triomphant par 22 à 6 de l'Association Sportive Internationale et en écrasant le Stade Rouennais par 49 à 0.

Le Football se pratiquait six mois à peine par an, de la mi-octobre à Pâques. L'été, le terrain était livré à la section d'athlétisme, constituée au début du siècle et qui, elle aussi, collectionna les succès, sinon à l'échelon national, du moins à l'échelon régional.

Tout à côté, datant, lui, des premières années du club, le tennis battait son plein avec de très grands joueurs disposant désormais de courts en terre battue après des débuts sur herbe.

Il manquait une piscine pour la section de natation qui allait se créer. Elle utilisa l'Avant-Port et eut très tôt d'excellents nageurs. Son équipe de Water-Polo se hissa au niveau des meilleures de France.

Si plusieurs joueurs fameux d'association opérèrent dans l'équipe de rugby, on retrouve de même des " soccers " et des " ruggers " dans les épreuves d'athlétisme, puis de natation, voire sur les courts de tennis.

Mais la nécessité de plus en plus impérative de la spécialisation, à mesure que progressaient les performances, mit fin à ces polyvalences.

En 1905, d'ailleurs, l'Assemblée Générale du H.A.C. adopte de nouveaux statuts - qui sont toujours en vigueur - instituant l'autonomie de chaque section. Le club en compte alors cinq, celles de football-association, rugby, tennis, hockey, athlétisme. La section de natation s'y ajoute en 1911. Les autres viendront après la guerre de 14-18.

De 1900 à 1914, les équipes d'association et de rugby obtinrent de brillants résultats. Presque chaque année les rugbymen atteignaient les demi-finales du championnat de France. L'équipe d'Association fut deux fois championne de France (1899 et 1900).

Il y avait chaque dimanche du monde au stade de Sanvic, de plus en plus de monde. Sauf erreur le record a dû être établi avec la venue du prestigieux quinze de l'Aviron Bayonnais, en 1913.

L'été les grands tournois de la section Tennis, avec les meilleures raquettes de l'époque (Suzanne Lenglen y figura) étaient également très suivis.

En revanche, les dirigeants de la section d'athlétisme déploraient de maigres assistances. Ils organisaient pourtant des compétitions de valeur, avec les athlètes régionaux, voire nationaux. Mais c'est un spectacle qui a toujours été moins attractif.

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